1 décembre 2009

Retrouvailles incertaines




















J’attendais de te voir avec tant d’impatience
Ces longs mois loin de toi étiraient leur ennui
Je construisais ton mythe un peu plus chaque nuit
Comblant par la ferveur le creux de ton absence.


J’avais tant répété, revécu cet instant
- Etreinte passionnée, moment exceptionnel –
Pour adoucir un peu cette attente cruelle,
Je repassais le film en fantasme entêtant.


Tu es là, devant moi. Et que me reste-t-il
De cette incandescence, de ce rêve éclatant ?
Je ne retrouve plus face à toi qui m’attend
L’élan qui m’animait dans ce lointain exil.


Je n’ai pas le courage d’affronter ton regard.
Je devrais être heureuse ; je suis paralysée.
Je me sens mal à l’aise et même tes baisers
Ne peuvent réchauffer mon âme qui s’égare.


Dans ce triste fiasco, je veux donner le change.
J’endosse sans tarder le rôle qui s’offre à moi,
Tiède complicité, mais je n’ai plus la foi.
Tes caresses me laissent un goût amer, mon ange.


Je me sens décalée, extérieure à mon corps
Et le doute s’imisce dans ce manque d’émoi :
Non tu ne m’aimes pas mais tu joues avec moi
Puisque ce simulacre te contente encore.


Et avec mon silence, entre nous, peu à peu,
La distance se creuse, inexorablement.
Méchante, je punis ton triste aveuglement.
Ne vois tu pas que je joue un jeu dangereux ?


Mon âme se révolte, refuse d’être sage
Et cette mascarade me donne la nausée.
Me voilà si fragile, et prête à tout risquer
Pour enfin du mensonge arrêter l'engrenage


J’oublie le tendre rôle que jusque là j’ai joué,
Je provoque, j’esquive, je biaise, j’improvise,
Assez pour t’inquiéter, qu’enfin tu réalises,
La détresse cachée sous ce masque enjoué.


Et je vide mon sac, j’avoue tout d’un seul trait,
Mes craintes, mon malaise et l’envie de partir.
J’en ai trop dit. Hélas, je ne peux plus mentir
Continuer ainsi n’a plus aucun attrait.


Pourtant, bien qu’apaisée par cette confession,
Le remord me saisi : même le pâle reflet
Du feu de saint jean qui, autrefois, m’aveuglait
Vaut mieux que la douleur d’une séparation.


Ta voix éloigne enfin l’angoisse qui m’oppresse.
Tu soulèves un à un les voiles de mon coeur.
J’ose te regarder – craignant l’éclat moqueur -
Il n’y a dans tes yeux qu’une infinie tendresse.


Pardonne moi, aimé, d’avoir manqué de foi.
Aurais-tu pu m’offrir, si je n’avais douté,
Ce regard émouvant, douce fragilité,
Quand je t’ai embrassé pour la dernière fois ?

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