29 décembre 2009

Face et Pile


Face je suis toujours la compagne et la mère
Pile je me souviens et tu me manques encore


Face je resterai amoureuse et sincère
Pile je garde en moi la trace de ton corps


Face pour adorer mon garçon et son père
Pile pour t'aimer toi en ayant tous les torts


Face le chemin clair, la route de lumière
Pile la voie cachée, la honte et les remords


Face l'amour tranquille, fidèle mais austère
Pile cette passion qui brule et me dévore

27 décembre 2009

Smoking
























Sitting in the sunshine on this lonely morning
smoking takes me way back to these years of yearning
so many open paths that I could all explore
but this life isn't quite what I was waiting for

Don't need any excuse to cover up my shame
I'm so terribly weak, and I accept full blame
just give me some more time to let my spirit heal
I don't see how I can live up to your ideal

So I fall back again, to my old vice and lies
and one more time I catch that sad look in your eyes
letting you down again, that guilt won't go away
You and I knew I would not make it anyway

Ashamed of not being as happy as I should
ever unsatisfied, anxious and restless mood
What do you want from life, ungrateful little soul
something to fill me up, someone to make me whole

The cruelty of this world is more than I can take
There's always some sad news to feed my chronic ache
close my eyes and my ears but guilt tears me apart
I will take anything to numb my sorry heart

26 décembre 2009

Onanisme Onirique


Lentement,
paresseusement,
je me caresse.

Je m’éveille,
d’un demi-sommeil,
mais rien ne presse.

Des deux mains
j’effleure mes seins
qui  se dressent.

Impérieux,
le désir s’émeut,
entre mes  fesses.

Doigt qui glisse,
sur le bouton lisse,
délicatesse.

Je soupire,
vagues de plaisir,
sensuelle ivresse.

Haletante,
j’explore ma fente,
ardente promesse.

Et j’explose,
en apothéose
mes sens en liesse.

23 décembre 2009

Pluie




Dehors tombe la pluie
Le temps suspend sa danse
Le silence de la nuit
calme mon impatience

21 décembre 2009

The end of paralysis


This morning on the bus with sad songs in my head
Volume up to escape radio noises I dread
I watch the cars pass by on the crowded highway
Conor's voice is the drug that takes my pain away

Getting off the subway as the music goes wild
Flash-dreaming of a life that wouldn't be so dried
full of passions and risks, with the wind blowing hard
I wanna play again, try to draw a good card

You're my bad habit
I just cannot quit
Like a junky without a fix
I'm craving, craving for your kiss.

Yours is the only smile that I've been longing for
had a taste of your warmth, now I'm asking for more
The scar was still too fresh, it's bleeding on again
Heartbroken tears of ink keep flowing from my pen.

I caught a fleeting glimpse of a possible dream
promise of happiness that vanished as a gleam
leaves a taste of ashes, slowly tears me apart.
There's no effective cure to numb my heavy heart.

You're my oxygen
let me breathe again
like a fish out of the sea
I'm crying, crying for mercy.

15 décembre 2009

Tu ne seras jamais


Tu ne seras jamais le père de mon enfant
Ma jeunesse s'enfuit, mon fils est déjà grand

Tu ne seras jamais le guide de mes nuits
C'est un autre que toi qui partage mon lit

Tu ne seras jamais le compagnon des jours
Ta vie est loin de moi et le sera toujours

Tu n'écouteras plus mes tendres confidences
Mes secrets ont déjà un gout amer et rance

Ta peau contre ma peau, un instant qui s'enfuit
vivre ma vie entière dans cet éclat de nuit

10 décembre 2009

Toute la journée


Toute seule devant ton café
Tu fais la gueule, t'es mal réveillée
Tu voudrais retourner te coucher
et t'enfouir sous l'oreiller.

Pourtant envoyer tout valser
tu n'oses même plus y penser
tu t'es rangée casée pliée
t'as choisi la sécurité

les idéaux dont tu avais rêvé
tu les gardes bien enfermés
souvenirs à ne pas réveiller
la nostalgie, attention danger

Cynique et désabusée
tu as honte de ta lâcheté
tu vas bosser
toute la journée

L'avenir est aussi plombé
que le ciel de ce matin glacé
devant toi il reste tant d'années
toujours les mêmes gestes répétés

tu te sens prise au piège, engluée
dans une routine si bien huilée
tu n'as plus le choix désormais
il est trop tard, tu es coincée

les doutes sont vite balayés
les questions angoissantes diluées
dans le quotidien régulier
toujours pressée, pas le temps de penser

Tu cours, le bus va passer
tu montes, essoufflée
tu vas bosser
toute la journée

Tu retrouves les rituels ressassés
les collègues, la machine à café
des habitudes pour rassurer
conjurer ta peur de la liberté

Et puis il faut bien travailler
faire ce pourquoi tu es payée
même si tu n'es plus « motivée »
tu fais semblant, depuis des années.

A cinq heures, la journée terminée
Tu croises ton patron dans l'escalier
il regarde sa montre l'air agacé
pour bien te culpabiliser

Pour toi l'avancement c'est loupé
ta carrière est bloquée
même si t'as bossé
toute la journée

Tu reprends le métro, fatiguée,
tu contemples ta vie toute tracée
l'insoutenable nullité
de ton existence anesthésiée

tu vois avec tant d'acuité
ta vie de légume amélioré
Le vertige dans l'oeil de la vérité
le sol se dérobe sous tes pieds

La, au milieu des passagers
l'échappatoire, tu l'as trouvé
la solution s'est imposée
effrayante de simplicité

tu n'es pas obligée
Il suffit d'arrêter
t'iras plus bosser
toute la journée

5 décembre 2009

Silence


J'ai serré dans mon poing fermé
le dernier regard
que tu m'as jeté

Etouffé la plainte affolée
de mon coeur hagard
pour ne pas pleurer

Et quand j'ai mal de ton absence
pour calmer le feu
de mon impatience

j'ouvre mon poing sur l'espérance
volée dans tes yeux
malgré ton silence

4 décembre 2009

Temps triste

















Temps triste, je me traîne,
Morne mélancolie,
Ciel soucieux et sali,
Brumes d’un matin blême.

Je dors en pointillé,
Fuyant dès le réveil
Dans un nouveau sommeil,
Conscience anesthésiée.

Quand, vaseuse, j’émerge,
Des regrets irradiés
D’une faille oubliée
Lentement me submergent.

Une ancienne douleur,
Réveillée par la pluie :
Mon insouciance enfuie
Et ton amour – un leurre.

2 décembre 2009

A ceux qui pensent avoir raison


Comme il est doux de s'effacer
Dans ces rituels compassés
Se diluer, discrètement,
Oublier ses propres tourments.

Dans le murmure des prières,
Dans l'esprit des lois de nos pères,
Dans le confort des traditions,
Ne plus se poser de questions.

Laisser les armes au vestiaire :
Ces mots qu'on décochait hier,
Refusant un moule aliénant,
Prônant un doute permanent.

Ne plus chercher la vérité,
La trouver; ne plus hésiter,
Balayer d'un mépris hautain
Tous ceux qui n'en sont pas certains.

Ne plus voir que l'endroit des choses,
Le bon sens, et la vie en rose;
S'étourdir en plaisirs faciles,
Bêler en chœur, brebis docile.

Suivre une ligne de conduite,
Marge d'autonomie réduite,
Construire un savant édifice :
"tu seras un homme mon fils"

1 décembre 2009

Retrouvailles incertaines




















J’attendais de te voir avec tant d’impatience
Ces longs mois loin de toi étiraient leur ennui
Je construisais ton mythe un peu plus chaque nuit
Comblant par la ferveur le creux de ton absence.


J’avais tant répété, revécu cet instant
- Etreinte passionnée, moment exceptionnel –
Pour adoucir un peu cette attente cruelle,
Je repassais le film en fantasme entêtant.


Tu es là, devant moi. Et que me reste-t-il
De cette incandescence, de ce rêve éclatant ?
Je ne retrouve plus face à toi qui m’attend
L’élan qui m’animait dans ce lointain exil.


Je n’ai pas le courage d’affronter ton regard.
Je devrais être heureuse ; je suis paralysée.
Je me sens mal à l’aise et même tes baisers
Ne peuvent réchauffer mon âme qui s’égare.


Dans ce triste fiasco, je veux donner le change.
J’endosse sans tarder le rôle qui s’offre à moi,
Tiède complicité, mais je n’ai plus la foi.
Tes caresses me laissent un goût amer, mon ange.


Je me sens décalée, extérieure à mon corps
Et le doute s’imisce dans ce manque d’émoi :
Non tu ne m’aimes pas mais tu joues avec moi
Puisque ce simulacre te contente encore.


Et avec mon silence, entre nous, peu à peu,
La distance se creuse, inexorablement.
Méchante, je punis ton triste aveuglement.
Ne vois tu pas que je joue un jeu dangereux ?


Mon âme se révolte, refuse d’être sage
Et cette mascarade me donne la nausée.
Me voilà si fragile, et prête à tout risquer
Pour enfin du mensonge arrêter l'engrenage


J’oublie le tendre rôle que jusque là j’ai joué,
Je provoque, j’esquive, je biaise, j’improvise,
Assez pour t’inquiéter, qu’enfin tu réalises,
La détresse cachée sous ce masque enjoué.


Et je vide mon sac, j’avoue tout d’un seul trait,
Mes craintes, mon malaise et l’envie de partir.
J’en ai trop dit. Hélas, je ne peux plus mentir
Continuer ainsi n’a plus aucun attrait.


Pourtant, bien qu’apaisée par cette confession,
Le remord me saisi : même le pâle reflet
Du feu de saint jean qui, autrefois, m’aveuglait
Vaut mieux que la douleur d’une séparation.


Ta voix éloigne enfin l’angoisse qui m’oppresse.
Tu soulèves un à un les voiles de mon coeur.
J’ose te regarder – craignant l’éclat moqueur -
Il n’y a dans tes yeux qu’une infinie tendresse.


Pardonne moi, aimé, d’avoir manqué de foi.
Aurais-tu pu m’offrir, si je n’avais douté,
Ce regard émouvant, douce fragilité,
Quand je t’ai embrassé pour la dernière fois ?